Hubbub : Compte rendu du concert de Londres, 5 Mars 2011

Jean-Luc Guionnet : saxophone alto
Bertrand Denzler : saxophone ténor
Jean-Sébastien Mariage : guitare électrique
Frederique Blondy : piano
Edward Perraud : batterie
http://ubbu.free.fr/


Festival "As Alike As Trees", le 5 Mars, Londres.


La journée de samedi s’est clôturée avec le quintet français (avec un soupçon de Suisse !) Hubbub, formé des deux saxophones extrêmement talentueux de Jean-Luc Guionnet et Bertrand Denzler, de la guitare électrique de Jean-Sébastien Mariage, du piano de Frédéric Blondy, et des percussions d’Edward Perraud. Hubbub joue depuis maintenant quelques années, et a précédemment sorti deux albums sur le label de Prévost Matchless (un troisième et double album est d’ailleurs prévu bientôt). Dans la nuit de samedi à dimanche, ils ont semblé complètement inattaquables, parfaitement en accord les uns avec les autres, mais alors que la musique coulait souvent de manière complètement homogène, elle changeait pourtant constamment, souvent de façon surprenante, et souvent grâce au batteur Perraud. Tandis que la masse instrumentale gonflait, en général lentement, grâce aux lignes douces et pleines des saxophones et au feulement éthéré de la guitare, souvent frappée doucement ou jouée à l’eBow, Blondy ajoutait des sons plus petits, inopinés, alors que Perraud rompait fréquemment le flot avec des attaques soudaines, incroyablement violentes aux percussions, qu’il ramenait au silence aussitôt. Ces attaques étaient disséminées au long de la performance, et servaient généralement de signal à la musique pour remonter ou défaire ses engrenages, en changeant souvent complètement de direction. La musique de Hubbub procure une sensation éclatante, très orchestrale, d’une grande et spectaculaire beauté, qui m’a rappelé le travail du Dropp Ensemble ou du groupe apparenté Haptic, qui, malgré l’utilisation d’une instrumentation tout à fait différente, crée pareillement une musique profondément grave et belle qui se développe et gonfle d’une manière à la fois immédiatement séduisante esthétiquement, assez précise et finement ouvragée pour être structurellement intéressante, et réservant toujours suffisamment de surprises pour rester vibrante et exaltante. Le talent des musiciens est on ne peut plus évident. Lignes et matières précises sont réunies en un instant, par chacun des musiciens, des danses flamboyantes de Blondy autour des cordes du piano à la simplicité dépouillée de la guitare de Mariage, en passant par l’intensité jumelle quant aux hauteurs et aux durées des deux saxophones. Le groupe sonnait comme s’ils jouaient souvent ensemble, quoique je soupçonne que ce ne soit probablement pas le cas. Une excellente et stimulante fin à une belle série de concerts, pour ce premier jour de festival.

Richard Pinnell

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