Supersonic : Chronique du concert au Studio de l’Ermitage

Supersonic secoue l’Ermitage à Paris
Vendredi 25 novembre 2011

Thomas de Pourquery (saxophone alto, chant), Daniel Zimmermann (trombone, mélodica, chant), Fabrice Martinez (trompette, bugle, chant), Arnaud Roulin (claviers, percussions), Frederick Galiay (basse électrique), Edward Perraud (batterie).

Ce soir c’est vendredi, soi-disant jour sans viande. Tu parles ! Ils auraient bouffé un lion s’il était passé par là. Sur scène : six cavaliers de l’apocalypse tranquille selon Sun Ra, j’ai nommé Supersonic, projet-hommage au maître du jazz cosmique (mais pas que) dirigé de poigne de maître par Thomas de Pourquery, saxaltiste du bonheur moussant, jazz-star charismatique dont notre chère musique préférée a tant besoin. Autour de lui qui bouge tout seul dans son little big costume à revers rouge moiré, des musiciens qui font bloc et plaisir à entendre : Zim l’imperturbable au trombone si cultivé, Fab’ Martinez à la trompette-qui-danse, Arnaud Roulin au piano malin et au Moog – ou un machin comme ça je sais plus – mutin, Frederick Galiay à la basse pitbull (ce garçon mord le groove), Edward Perraud et ses contes brûlants touillés-rythmés aux baguettes de feu. Une joyeuse bande de drilles aux visées soniques intergalactiques.

Au programme : râh lovely, du Ra sous le Sun créatif. Ceci dit, celui qui entrerait dans la salle sans savoir que ces jeunes hommes doués font allégeance à l’Herman prendrait de toute façon grand plaisir à ouïr ce jazz canaille insolent et respectueux. C’est dire que nous sommes loin, très loin des hommages plans plans, et carrément en train de twister du chef en écoutant un vrai groupe en train de jouer des airs pas si souvent revigorés, finalement. Deux grands moments ? Rocket #9 Take Off For The Planet Venus, avec choré façon boys band décalé, et Love In Outter Space, magnifié par ce vieux crouneur de Thomas (ce type a tous les talents, il m’agace).

Bref, on suivra pas à pas (début 2012 à Banlieues Bleues notamment) cet orchestre prêt à mener, n’en déplaise aux écolos, une Nuclear War de derrières les amplis, une rixe supersonique à faire fondre les esgourdes de la droite dure à et faire durcir, enfin, celles de la gauche molle. (Sinon, en première partie il y avait la petite sœur de T2P, Jeanne Added, munie d’une basse électrique et d’une voix éclectique capable de nous faire chavirer léger, comme au bord d’un précipice d’émotions rares et non-répertoriées dans les manuels de chant. 2012 sera aussi son année, plus personne pour en douter.) Peter Cato
Jazz magazine

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