"Missing Time" de Frederick Galiay : Nouvelle chronique

La basse est posée à même le sol, reliée à deux amplis en constante interaction grâce à un système de micros savamment disposés. A genoux devant l’instrument qui vibre déjà de toute sa profondeur, le bassiste inaugure le drame, engendre une situation dont il maitrise toutes les occurrences, du bruissement le plus ténu à l’apocalypse la moins contrôlable. Le processus créatif vient de naître au cœur de ce laboratoire horizontal dont émergent les premiers échos d’une œuvre ancrée dans le son, mais tendant vers une forme de beauté plastique.
Car s’il est surtout connu comme musicien au sein de Big, 69, Fogo, Chamæleo Vulgaris et tant d’autres formations encore, Frederick Galiay est d’abord un plasticien, peintre et vidéaste, pour qui la matière, visuelle ou sonore, résonne avant tout de fréquences poétiques. Le son ni l’image ne sont rien s’ils ne véhiculent en premier lieu les signes d’une présence au monde fondée sur l’émotion et la réceptivité permanentes. De là, et seulement de là, viennent toutes les manifestations du désir et cet incoercible besoin de les transformer en acte créatif, quel que soit le moyen par lequel on s’exprime.

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